L’alter ego du grès indien: une beauté orientale au caractère complexe

Pour la plupart des acteurs du secteur de la pierre naturelle, il n’est plus nécessaire de présenter l’initiative TruStone. La Flandre et les Pays-Bas ont uni leurs forces en 2019 pour mettre en place une initiative multipartite à travers laquelle autorités, entreprises, ONG et syndicats soutiennent une politique d’achat responsable des pierres naturelles provenant de zones à risque. La transparence et le soin apportés à la chaîne forment le fil conducteur de cette initiative.

Ce n’est pas toujours évident, mais pas impossible non plus. En effet, l’union des forces entraîne un plus grand impact. Pour bien comprendre les enjeux, voici un conseil: allez sur place et voyez de vos propres yeux où vous, en tant qu’entreprise, achetez vos matériaux. Entamez le dialogue avec vos fournisseurs locaux et recherchez des solutions qui profitent à chacune des parties

Le grès indien orne de nombreuses allées, rues et places de village en Belgique. Mais les gens semblent aussi raffoler de ce produit en Angleterre, en France et aux Pays-Bas. Les pavés de Kandla indien constituent en effet une excellente alternative au Grès du Condroz belge. La raison? C’est très simple: les pavés de Kandla sont moins chers, disponibles rapidement, et ce peu importe les quantités souhaitées. Un scénario de rêve pour beaucoup, et en particulier pour les pouvoirs adjudicateurs. Ou pas?

En 2005, l’ONG néerlandaise Arisa (connue jusqu’en 2019 sous le nom de Landelijke India Werkgroep) a publié un rapport pas si rose dans lequel de nombreuses pratiques non-éthiques et des violations des droits de l’homme jettent une ombre de consternation sur les origines de ces ‘cobble stones’ indiens. Ce rapport, intitulé ‘Budhpura ‘Ground Zero’ – Sandstone quarrying in India’, a marqué le coup d’envoi de nombreux projets, initiatives et partenariats qui ont été lancés au fil des ans entre les autorités, les ONG et un certain nombre d’entreprises engagées. Une longue route avec de nombreuses voies secondaires délicates, mais pas impraticables.

Ce récit s'adresse à tous les maillons de la chaîne: importateurs, détaillants, transformateurs, entrepreneurs, prescripteurs et pouvoirs adjudicateurs.

Lorsqu’en 2015, les médias nationaux ont également eu vent de ce récit délicat des origines des pierres naturelles, plusieurs pouvoirs adjudicateurs locaux se sont retrouvées dans une situation délicate. Le mot ‘travail des enfants’ a été évoqué, une épine dans le pied du monde politique. Un budget plus important a été dégagé pour des pavés de fabrication belge, évidemment plus chers.

Mais déplacer la source des achats est-il la bonne solution? Pas du tout. Pour ne pas dire: que du contraire. Il s’agit en effet d’un récit complexe dans lequel chaque acteur a sa propre part de responsabilité personnelle.

Pour comprendre cette complexité, il n’y a qu’une seule chose à faire: se rendre à la source. Aussitôt dit, aussitôt fait.

Dankzij de samenwerking tussen overheden, bedrijven en ngo's krijgt de gemeenschap in Budhpura nieuwe kansen

Le processus

Le cœur de la production indienne de grès, et plus précisément des pavés indiens Kandla Grey et Kandla Ochre, se situe à Budhpura, qui se trouve dans l’une des régions les plus pauvres du pays: le Rajasthan. 70% de la production totale de grès de indien est extraite dans cet Etat.

Les pavés sont taillés à la main à partir de résidus de grès extraits des centaines de carrières qui caractérisent cette région. En général, ce sont des femmes qui taillent ces fractions résiduelles dans ce qu’on appelle les ‘cobble yards’ ou chantiers de taille de pavés, alors que les hommes sont actifs dans les carrières pour extraire le grès et le fendre en carrelages. Parfois, ces chantiers font partie du patrimoine du propriétaire de la carrière lui-même. En termes de transparence de la chaîne, cela simplifie considérablement le processus de diligence raisonnable. Dans l’autre cas, des ‘tractor owners’ indépendants achètent des fractions résiduelles dans les carrières, puis les déposent sur ces chantiers ou devant la porte des ménages eux-mêmes. Vous pouvez prendre cela au sens très littéral: on trouve devant chaque maison de Budhpura des tas de gravats qui sont taillés au marteau et ciseau par des femmes en saris aux couleurs éblouissantes au format et à l’épaisseur souhaitables pour nos sentiers de jardin, nos rues et nos places. Les produits parfaitement finis retravaillés dans les ménages et sur les cobble yards sont achetés par des exportateurs et revendus à des acheteurs européens. Ces importateurs s’assurent que les pavés et dalles de Kandla parviennent finalement à nos détaillants, aux pouvoirs adjudicateurs et, en dernier lieu, au client final.

Voilà pour l’introduction. Il n’y a rien de mal à cela, pensez-vous certainement. Il est temps d’entrer dans les détails.

Les défis

Le rapport Arisa de 2005 a montré clairement que nos beaux pavés gris et bruns ne sont en fait pas tout blancs. Le travail des enfants s’est avéré une pratique courante. Ce qui n’a rien de surprenant; un tel phénomène ne se produit en effet pas de lui-même, mais est le résultat d’une toile complexe tissée par les ravages de la pauvreté et par le non-respect strict de la législation. Afin de mieux comprendre ce problème, il faut d’abord clarifier de nombreuses autres circonstances. Parce que celles-ci sont toutes liées entre elles ou interdépendantes.

  1. Santé et sécurité au travail

Dans les pays à risque, l’extraction du grès est ravagée par de nombreux décès dus à des maladies pulmonaires. Alors qu’on les dépeignait autrefois comme des cas de tuberculose, nous en savons aujourd’hui beaucoup plus. La silicose constitue la cause de la maladie de nombreux ‘mineurs’ et est responsable d’un taux de mortalité trop élevé à un âge trop précoce. L’absence d’équipements de protection individuelle, tels que masques buccaux et nasaux, et l’utilisation insuffisante de machines à eau pour l’extraction, en sont la cause.

  1. Protection sociale et rémunération

Le Rajasthan est l’un des États les plus pauvres de l’Inde. De nombreux travailleurs de Budhpura n’ont pas été scolarisés et sont donc illettrés. En outre, une grande partie des travailleurs est constituée de ‘migrant workers’ ou de travailleurs saisonniers. Ils appartiennent souvent à la couche de population, mieux connue sous le nom de caste, la plus basse. Ces personnes n’ont pas ou que peu connaissance de la protection sociale légale à laquelle elles ont droit, par exemple en cas de maladie ou de décès. En conséquence, les femmes qui se retrouvent seules après le décès de leur mari sont dès lors dans une position financière et sociale très vulnérable.

Vu que les commandes en provenance d’Europe sont plutôt irrégulières (en fonction des projets en cours), presque tous les travailleurs sont payés à la pièce. Leurs revenus dépendent donc du nombre de pièces produites. Une conséquence logique pour une mère célibataire consiste à faire travailler ses enfants dans l’industrie des pavés pour aider à subvenir aux besoins de la famille.

3-Budhpura kent honderden zandsteengroeves waar de Kandla Grey en de Kandla Ochre worden ontgonnen

De surcroît, le salaire minimum dans les usines, les carrières ou les cobble yards n’est pas toujours respecté, de telle sorte que le nombre de roupies collectées s’avère insuffisant pour subvenir aux besoins vitaux de base. Par conséquent, il n’est pas rare que, dans les familles biparentales ‘normales’, les enfants aident également à tailler la pierre.

En outre, il est courant en Inde que les travailleurs soient payés au moyen d’une avance (environ trois mois de salaire), ce qui les rend dépendants de leur employeur. D’un point de vue juridique, il n’est pas toujours possible de qualifier ces situations de travail forcé, ou pire, d’esclavage, mais cette pratique plonge officieusement les travailleurs dans une zone grise en les rendant redevables envers leur employeur. La plupart des familles travaillent dès lors pour le même propriétaire de carrière depuis 3 ou 4 générations. Ce dernier fournit aux travailleurs des abris précaires sur le site où ils peuvent vivre avec leur famille. Il s’agit d’une pratique très fréquente selon les standards indiens, mais totalement impensable en Occident. En vivant dans la carrière proprement dite, les enfants entrent très tôt en contact avec les seules perspectives d’avenir que leur offre la région ou, dans le pire des cas, héritent des dettes de leurs parents en cas de décès.

  1. Éducation

Les écoles publiques sont médiocres en termes d’infrastructure et de contenu éducatif. Les enseignants ne sont pas motivés, ou ne se présentent pas. L’utilité de l’école est alors rapidement transformée en une activité qui ne mène nulle part et qu’il sera préférable de remplacer par la seule chose que la région a à offrir: utiliser les enfants comme source de revenus supplémentaires. La réflexion à court terme est typique de ceux qui vivent dans la pauvreté.

16-Manish Singh, secretaris van de lokale ngo Manjari, levert samen met ARAVALI baanbrekend werk ter plaatse

Le manque d’éducation étant un problème intergénérationnel, l’importance de l’enseignement ne se fait tout simplement pas sentir dans certaines communautés. Mettre des enfants au travail est considéré comme ‘normal’, même si la loi indienne l’interdit avant l’âge de 14 ans (ou 18 ans, en cas de travaux dangereux ou pénibles comme dans l’industrie de la pierre naturelle). Car le problème ne réside pas tant dans l’absence d’une législation étayée que dans le laxisme de son respect et contrôle.

  1. Conditions générales de travail

Eau potable fraîche, trousse de premiers secours, toilettes (fonctionnelles) séparées, zones de travail ombragées, équipements de protection individuelle, sécurité de l’emploi, assurance maladie, perception d’un salaire permettant de vivre, paiement par virement bancaire au lieu d’espèces, connaissance des droits sociaux, etc., tous ces souhaits ne sont pas ou trop peu rencontrés. L’analphabétisme, le manque d’éducation et le manque de perspectives d’avenir entraînent également une négligence de sa propre santé, l’abus d’alcool, le manque d’hygiène personnelle, etc.

Y a-t-il une lueur d’espoir au bout du tunnel?

La liste précitée ne résume qu’une fraction de ce dont parlait le rapport Arisa en 2005. Depuis lors, comme nous l’avons dit, de nombreuses organisations et de nombreux partenariats se sont mis à l’ouvrage pour comprendre la complexité du problème par le biais d’études et projets approfondis sur le terrain. Et ceux-ci portent assurément leurs fruits, malgré les difficultés rencontrées. La satisfaction du client constitue en effet un moteur important pour de nombreux propriétaires d’usines, de chantiers de taille de pavés et de carrières locaux, c’est pourquoi ils sont prêts à écouter mais aussi à agir en fonction des désidératas des acheteurs.

Un revirement est assurément en cours, mais il reste encore beaucoup de pain sur la planche

Ces dernières années, on a clairement indiqué du côté des acheteurs que le travail des enfants en Europe était absolument interdit. Depuis lors, ce phénomène n’a pratiquement plus, voire même plus du tout, été observé dans la région. Du moins, pas dans les (meilleures) carrières, usines et chantiers de taille de pavés. Depuis quelques années fleurissent à l’entrée de ceux-ci de grands panneaux indiquant en hindi et en anglais ‘Child Labour Free Zone’. Il est plus difficile de contrôler les ménages eux-mêmes, où ce sont principalement les femmes qui combinent le travail de taille de la pierre à la maison avec les tâches ménagères et la garde des enfants.

Depuis quelques années, certains chantiers font des efforts supplémentaires, de telle sorte que trois des plus grands d’entre eux peuvent maintenant être qualifiés de ‘chantiers modèles’. Dans ces chantiers modèles, de l’eau potable fraîche est disponible, les femmes utilisent des gants de travail, des abris ont été construits pour pouvoir travailler à l’ombre, une trousse de premiers secours est disponible, il y a des toilettes séparées pour les hommes et les femmes, et certains ont même investi dans la construction d’une aire de jeux et d’une crèche pour les nombreux jeunes enfants qui viennent avec leur mère.

Du haut vers le bas

Même si certaines choses peuvent sembler banales pour nous, Occidentaux, les premiers pas vers le succès s’effectuent en implémentant des adaptations à petite échelle sur le terrain. Celles-ci entraîneront souvent une grande différence pour les travailleurs, les familles et les enfants sur place. Après des années d’efforts, ces différences sont mesurables et visibles dans les entreprises, le village et les écoles de la région. Ces résultats favorables sont dus au fait que les autorités, les entreprises et les ONG en Belgique et aux Pays-Bas ainsi qu’ailleurs ont uni leurs forces à celles des ONG et des entreprises sur place à Budhpura. Il s’agit en effet d’un récit à la fois du haut vers le bas et du bas vers le haut. Il s’agit en particulier du soutien financier des autorités néerlandaises et flamandes, de l’ONG Arisa et d’entreprises comme Beltrami, Stoneasy.com et London Stone qui tirent et soutiennent ces projets depuis le début.

Du bas vers le haut

Tous ces efforts n’auraient pu aboutir au résultat actuel sans la collaboration sur le terrain avec ARAVALI, une organisation qui jette des ponts entre les autorités indiennes et des organisations sur place comme Manjari. Cette dernière a effectué un travail de pionnier en s’installant au cœur de Budhpura, gagnant ainsi la confiance des entreprises locales, des familles et des enfants. En rappelant à la communauté ses droits et en lui apprenant les mesures essentielles en matière de santé et de sécurité, celle-ci est aujourd’hui plus forte et plus émancipée, elle apprend à se défendre et à réfléchir au changement.

De 'miners' leven soms al 4 generaties met hun gezin in de groeve De ‘miners’ leven soms al 4 generaties met hun gezin in de groeve

Les assurances maladie ont constitué une bonne porte d’entrée pour gagner la confiance de la communauté et des entreprises, et les nombreuses pressions exercées pour des enseignants plus nombreux et mieux formés dans la région portent leurs fruits. Leur nombre a en effet doublé et 75% des enfants entre 6 et 14 ans vont aujourd’hui à l’école. Les écoles publiques ont été équipées de toilettes et, vu que la région offre peu de sources de revenus alternatives, des cours de couture pour les filles et des cours de formation d’électricien pour les garçons ont été développés. Les enfants fréquentent aussi régulièrement une bibliothèque locale et un terrain de cricket a été récemment aménagé, car les enfants doivent tout simplement pouvoir être des enfants.

Projet modèle

Le succès du projet Child Labour Free Zone en cours incite également d’autres secteurs à risque comme l’industrie du thé et de la chaussure à se pencher sur le cas de Budhpura. Ce projet est pratiquement considéré comme un projet d’inspiration modèle de la façon dont les choses peuvent être différentes lorsque les entreprises locales et internationales collaborent avec la communauté locale. En effet, même si la motivation des négociants locaux pour investir dans une politique plus sociale est en premier lieu dictée par le gain d’argent, à long terme, cela conduira à un élargissement de la conscience. Les gens se rendront compte que les choses ne peuvent pas être faites différemment mais doivent être faites différemment. Un revirement est donc assurément en cours, mais il reste encore beaucoup de pain sur la planche. Et c’est là que vous, en tant que lecteur de ce récit et en tant qu’acheteur, négociant, prescripteur, transformateur ou consommateur final, pouvez apporter votre pierre à l’édifice.

Que pouvez-vous faire?

Voulons-nous imposer notre culture? Pas du tout. Il y a déjà assez de mondialisation et d’uniformité. Cela ne doit cependant pas être une excuse pour détourner notre regard de notre propre responsabilité, et plus encore de notre responsabilité envers les directives de l’OCDE en matière de responsabilité sociétale des entreprises.

Demandez-vous si votre partenaire est bel et bien le bon partenaire, simplement parce qu'il peut livrer à moindre coût.

Cela commence par aller voir la situation de ses propres yeux. Cela signifie qu’en tant qu’acheteur, vous ne vous contentez pas de négocier avec votre exportateur à Delhi ou à Jaipur, mais que vous vous rendez à la carrière, à l’usine ou au chantier de taille des pavés proprement dits, chez les femmes et les hommes qui taillent les pierres pour obtenir le produit qui fait votre succès. Discutez avec votre fournisseur des raisons pour lesquelles une meilleure politique sociale et une plus grande transparence de la chaîne constituent des conditions préalables pour faire du business. Votre présence et votre implication personnelles seront indubitablement prises au sérieux. Découvrez ce qui peut être changé aujourd’hui ou demain et cherchez ensemble des solutions. Des gants, des masques antipoussière, des salaires plus élevés, une assurance maladie et la scolarisation des enfants feront une réelle différence.

Demandez-vous si vous êtes prêt à payer un prix plus élevé pour garantir un salaire plus élevé pour les travailleurs. Demandez-vous si votre partenaire est bel et bien le bon partenaire, simplement parce qu’il peut livrer à moindre coût. Réfléchissez à la manière dont vous pouvez récompenser vos partenaires qui investissent dans une meilleure politique sociale. Construisez ensemble une relation de confiance et donnez-leur des garanties de coopération à long terme, par exemple. Montrez-leur que vous êtes sincère, que vous êtes prêt à réfléchir avec eux, mais que vous voulez en avoir pour votre argent.

Il n’y a pas que les importateurs qui doivent prendre leurs responsabilités, car ce récit s’adresse à tous les maillons de la chaîne. Ainsi, même en tant que détaillant, transformateur, entrepreneur, prescripteur et même consommateur final, vous pouvez jouer votre rôle dans ce récit en achetant vos produits chez un distributeur qui communique de manière transparente sur sa chaîne d’approvisionnement ou en adhérant à des initiatives qui luttent en faveur d’une transparence de la chaîne, comme TruStone.

L’union fait la force

Evidemment, il est difficile d’agir seul. Ces dernières années ont prouvé que l’union des forces permet effectivement d’entraîner des changements. Mais ces forces peuvent et doivent être encore plus grandes et plus fortes. Le projet No Child Left Behind ne comptait au départ que deux entreprises participantes: Stoneasy.com et Beltrami. Celles-ci ont ensuite été rejointes par London Stone. Pourtant, de nombreux résultats ont déjà été obtenus jusqu’à présent grâce au soutien des autorités et à la coopération avec Arisa, ARAVALI et Manjari. Faisons en sorte que ce récit soit un appel aux entreprises occidentales afin qu’elles se joignent à ce projet et continuent à le faire avancer.

12-Varun Sharma, Programs Director bij de Indiase ngo ARAVALI, lobbyt tussen lokale ngo's in het werkveld, en de overheid

Evidemment, les chances de réussir de TruStone, l’initiative multipartite entre la Flandre et les Pays-Bas, dépendront du nombre de membres qui y participeront activement. Plus il y aura de membres qui exigent une vision transparente de la chaîne dont ils font partie, plus la pression sur les usines et les carrières d’où les pierres sont extraites sera forte. La satisfaction du client, vous vous souvenez? Engagez-vous à exercer votre propre diligence raisonnable et à appliquer les directives de l’OCDE. Soyez prêt à collaborer à la mise en place d’une meilleure politique avec les propriétaires de carrières et d’usines.

TruStone s’adresse aux entreprises tant importatrices que non-importatrices, mais aussi aux pouvoirs adjudicateurs. En effet, ceux-ci ont eux aussi un grand rôle à jouer dans ce récit. Choisir des matériaux sur la base du meilleur prix proposé encourage tout simplement les pratiques non-éthiques dans les pays d’origine. De plus, des délais de livraison irréalistes imposent une forte pression sur les unités de production. C’est pourquoi les exportateurs font du ‘shopping’, jetant ainsi de la poudre aux yeux du processus de diligence raisonnable. Interrogez-vous dans les cahiers des charges sur le processus de diligence raisonnable du fournisseur ainsi que sur sa vision et son plan d’approche. Selon Manjari, demander des certificats et audits n’est en effet pas si important. Il convient par contre de demander des preuves indiquant que le fournisseur s’engage dans un processus qui améliorera la situation sur le terrain.

La question, c’est…

Ce récit est aujourd’hui un récit de succès individuels et de petits gains pour le collectif de la communauté. Car même si dans notre mentalité occidentale, ‘the sky is the limit’ et si tout doit être prêt en un clin d’œil, là-bas, au cœur de Budhpura, nous, les Occidentaux, ne changerons pas les habitudes intergénérationnelles en un claquement de doigts et serons confrontés à la lenteur de la réalité qui y règne. C’est une réalité que nous ne devons pas dompter, car nous sommes loin de posséder la vérité. Mais nous devons en être conscients et ouvrir les yeux sur ce que nous pouvons faire. Grâce à notre savoir-faire, nous savons que de petits changements peuvent faire de grandes différences et que ces différences peuvent se produire lorsque l’on associe le travail local à la pression et à l’engagement des acheteurs internationaux.

Et oui, nous vous lançons un appel à tous: importateurs, détaillants, prescripteurs, transformateurs et pouvoirs adjudicateurs. Nous avons chacun notre rôle à jouer dans ce récit, aussi petit ou grand soit-il. La question, c’est: qu’allez-vous faire?

Plus d’infos via

www.nochildleftbehind.co.uk | www.febenat.be | www.imvoconvenanten.nl/natuursteen of www.trustone.be | www.arisa.nl | www.stopchildlabour.org